Initiative originale : quand les parents s’occupent de tout !…

« Les petits pâtissiers » : c’est le thème de deux demi-journées renouvelées chaque année, dans cette école maternelle constituée de 4 classes, 126 élèves, à une centaine de kilomètres de Rennes. Ici, pour cette action, une spécificité : aucun enseignant n’est présent dans la pièce ! Mais le lien entre l’école et les familles n’en n’est pas moins tangible pour autant.

Aujourd’hui, fin avril, 12 parents sont au travail, dans une pièce entièrement consacrée à l’évènement, au sein de l’école. A tour de rôle, par groupe de 10, les élèves de tous âges (entre 3 et 6 ans) sont pris en charge par trois parents. Objectifs : créer du lien ; et concocter 40 gâteaux pour une vente au bénéfice d’une association pour enfants handicapés.

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La présidente de l’Apel de l’école, Samia, accompagne un petit groupe d’élèves.

« C’est l’équipe de l’APEL qui se charge de tout », explique Samia, la présidente de l’association de parents (photo ci-contre). Les aspects logistiques représentent « beaucoup de travail » : les recettes choisies, les quantités, les achats, l’information pour inviter les parents à participer.

Dans cette école, comme dans beaucoup d’autres, plusieurs occasions permettent aux parents de participer à la vie de l’école. Matinée « travaux », journée « Petits artistes » (proche du concept d’un reportage déjà publié), existent aussi, et depuis quelques années. Mais cette journée-ci a une spécificité : les parents ont la charge de tout le travail, et aucun enseignant n’est présent dans la pièce.

« Il y a beaucoup de rires, et c’est l’esprit de notre association : réunir des gens différents », explique Samia. « Pour cela, nous avons aussi créé un « café parents », chaque veille de vacances, le matin. Nous faisons cela dans le hall, pas dans les classes : c’est un lieu informel, et nous allons à la rencontre des parents. La première fois, les gens étaient hésitants, ils n’avaient pas le temps. La deuxième fois… on n’avait plus de place pour accueillir tout le monde ! »

A la question de savoir si ces initiatives contribuent au lien parents-enseignants, la présidente répond : « Nous sommes sur le volet convivial, pas éducatif. Nos initiatives ont pour effet de nous mettre à l’aise dans la communauté de parents. Mais elles ont un côté « superficiel », donc je ne sais pas si cela aide les échanges. Je ne sais pas si cela aide les parents à être à l’aise avec les maîtresses. »

Cela dit, à observer les visages des enfants, il est évident que cette initiative participe à leur bien-être en tant qu’élèves : pour eux, constater concrètement la présence des parents au sein de l’école a du sens. Et s’ils sont encore trop petits pour le dire, quelques photos valent mieux qu’un long discours…

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Une maman qui entre dans l’école pour « faire » avec les élèves : le lien parents-école se construit petit à petit, grâce à des moments comme celui-là.

 

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Instant suspendu… et magie de l’organisation : les adultes supervisent, mais ne font pas « à la place de ». L’enfant de 3 ans participe, réussit, sous le regard attentif des « grands » de 5 ans. Bonheur de chacun !

 

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12 parents, répartis pour guider 4 groupes de 10 élèves de maternelle ; et les ateliers tournent au rythme de la matinée. On rit… on papote… et on s’active !


Témoignages de parents

Emmeline, maman de 3 enfants, TPS, MS et un nouveau-né d’un mois.

« Je suis engagée dans l’Apel, et j’ai des disponibilités parce que je ne travaille pas en ce moment… donc j’en profite pour donner un coup de main. Et c’est une attente de la part de mes enfants. Ce que je découvre, avec cette journée, c’est la « discipline » qui existe (les enfants suivent très bien leur groupe), et le bruit. On se rend compte de la fatigue que cela génère… »

Fernand, papa de deux enfants, en PS et en GS.

« C’est la première fois que je participe ! Je me sens un peu seul en tant que papa !(dit-il avec le sourire !)… C’est super sympa pour les enfants, et pour nous, d’être ensemble pour cuisiner. J’ai fait le lycée hôtelier, et je travaille en restauration. Les lundis et les mardis sont mes jours de repos. Donc j’étais disponible aujourd’hui ! Ce qui est bien, pour les enfants, le fait que les parents soient là. Pour nous, ça nous fait rencontrer d’autres parents, et c’est très sympa. Parce que sinon, je n’ai pas le temps… »

Magali, un enfant en TPS, un autre en crèche.

« Ce que je découvre aujourd’hui, c’est la relation des enfants au sein des groupes : l’apprentissage de la vie en groupe, le fait d’apprendre à attendre son tour… C’est vrai DSC_0646que tout cela, ça s’apprend pendant les 1ères années d’école. Pour ce qui est du bruit, il ne me dérange pas : c’est un brouhaha… Mais je ne suis pas étonnée que cela fatigue les enfants. Et on nous l’a bien expliqué, en début d’année, pour l’entrée à l’école : les journées entières sont très fatigantes, notamment à cause du bruit. »

Sarah, maman d’une élève :

« Une matinée comme ce matin, on se sent inclus dans les activités : les parents font partie de l’école, presque autant que les enfants ! Je suis là pour être avec ma fille… »


DSC_0697Le regard de Nathalie, chef d’établissement :

« Ces demi-journées « Petits Pâtissiers » existent depuis au moins 15 ans…Et les parents y tiennent beaucoup. L’action est tellement bien rôdée qu’elle perdure, même si les équipes Apel se renouvellent. Ce que je trouve intéressant, c’est bien sûr que cela participe au lien et à la confiance entre les parents et l’école. Et ce qui est spécifique à cette action, c’est la confiance accordée, aux parents, de façon implicite, puisqu’ils gèrent seuls non seulement toute l’organisation, mais surtout tout le travail avec les enfants. Ce que j’aime bien, aussi, c’est que ce ne sont pas forcément des membres actifs de l’Apel qui s’engagent sur ce deux matinées. Et ce ne sont pas non plus les mêmes parents que ceux qui viennent aux autres actions, comme aux « Petits artistes ».

Du côté de l’équipe enseignante, quand il y a des nouveaux, ils ont parfois un peu de mal à accepter l’idée de laisser partir leurs élèves sans avoir de regard sur ce qui se passe pendant l’atelier cuisine. C’est vrai aussi qu’il y a un calage à faire entre parents et enseignants pour que tous les enfants partent par petits groupes, en mêlant les âges… Ensuite, les nouveaux enseignants font confiance, ils voient que tout fonctionne parfaitement bien… Et ça roule ! C’est vrai qu’il y a des actions qui peuvent déstabiliser, parce que cela change les habitudes : on chamboule l’organisation de la classe. Mais tout le monde participe, et en retour, il y a tellement de retours positifs ! »

Merci à cette école (parents et équipe enseignante), pour la confiance accordée, et pour tous ces témoignages.

Texte et photographies : Florence Raguenez

 

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